presentation

 

  Nous, artisans semenciers, producteurs de semences de variétés-populations, travaillons pour améliorer le goût et la qualité nutritive des aliments, dans le cadre des réalités de notre temps : la semence, le milieu et le mode de culture qui déterminent la qualité de notre alimentation. Ces exigences professionnelles définissent notre métier et mobilisent des savoirs-faire, des connaissances, des compétences, des moyens matériels et immatériels spécifiques.

   Notre capacité à les réunir est fortement restreinte par les artifices réglementaires actuels. La dernière loi sur la biodiversité, adoptée le 20 juillet 2016, les maintient pour l’essentiel. Notre activité reste donc limitée officiellement à la seule conservation. Il est pourtant urgent d’investir massivement dans la coévolution des variétés au coeur des jardins et des fermes.La possibilité d’échanger entre producteurs, combinée à la récente décision du conseil constitutionnel de supprimer l’exclusivité accordée aux associations de vendre les semences de variétés non inscrites au catalogue officiel constituent des avancées ou confirmations attendues, mais elles sont très loin d’être à la hauteur des enjeux essentiels :

– La vente aux agriculteurs de semences de variétés non inscrites au catalogue officiel reste toujours interdite ; les critères d’inscriptions et les limites des catalogues continuent de défavoriser les variétés-populations.

– Sous prétexte de protéger le consommateur, la réglementation sanitaire continue de traduire une approche étroite, utilitaire et agressive du monde du vivant incompatible avec notre vision globale de la santé des plantes.

– Si pour ces deux raisons le monde professionnel ne peut accéder à ces variétés,elles finiront de disparaître et avec elles les savoirs faire et usages associés.

   Même si nos productions relèvent des « communs », notre métier nécessite des investissements et du travail de recherche, lesquels sont entravés par le cadre réglementaire actuel. Il est ajusté aux intérêts exclusifs des multinationales de la semence dont la logique de rente économique, fondée sur les droits de propriétés intellectuelles (brevet, certificat d’obtention végétal), a pour conséquence de privatiser la biodiversité cultivée.

   La biodiversité cultivée est aussi une affaire de métiers et de rémunération décente du travail. Cette loi aurait pu être l’occasion de mettre en place une réglementation légitime et incluante, adaptée à tous les acteurs des filières semences et alimentaires.

   Dans ce contexte, et face à une demande en très forte croissance de la population, de plus en plus attentive à la qualité de son alimentation, nous sommes ouverts à tous les acteurs des filières (producteurs, transformateurs,distributeurs, cuisiniers . . . ) qui souhaiteraient dès à présent promouvoir ces variétés-population dans les filières alimentaires.

Communiqué du 19 septembre 2016

Organisation Professionnelle des Artisans Semenciers Européens

menbres :

Le Biau-Germe

Germinance

Graines del  pais 

Jardin’en Vie 

Les Refardes

Les Semailles